17 juillet 2008

Le taxi des chanceux

KC3A0207
Jusqu'à quelques jours, je n'avais jamais vraiment fait attention à si j'en avais croisé un. Mais voilà, c'est fait, j'ai vu un taxi au trèfle à quatre feuilles. Les taxis de la compagnie Yasaka ont pour symbole un trèfle, à trois feuilles. Mais un jour, le patron poète de cette compagnie a décidé qu'il serait bien d'avoir des taxis avec un trèfle à quatre feuilles. Ce fut fait et ainsi, parmi les 1200 taxis yasaka, quatre sont ainsi décorés. Il paraît que les chauffeurs de ces voitures donnent un ticket commémoratif. Rien d'autre à gagner, si ce n'est d'être heureux de se penser chanceux.

05 juillet 2008

En vélo avant 7 heures

Kyoto Nobody

En vélo dans Kyoto avant sept heures un samedi cinq juillet. Nombreux avantages dont celui de pédaler sans la chaleur. Sept heures passé, il doit faire 25 degrés. Avec la fierté d'être déjà debout, on se dit même qu'il doit faire 30, cela rend encore plus content de soi. L'eau déposée sur la rue devant les maisons ne s'est pas encore évaporée. Apporte t-elle de la fraîcheur, cette eau ? En tout cas, elle ne sert plus à laisser reposer la poussière des chemins en terre.

打ち水

Les petites grands-mères lancent de l'eau devant leur maison en béton sur le bitume. Ca, c'est resté. Pourquoi les machiya, les maisons en bois, terre et pierre des villes ne restent pas ?

Machiya de rêve
Il en reste. Celle-ci est majestueuse, dans un coin. Si cette maison est ici, on se dit que les deux rues qui la bordent sont là depuis toujours. Remontée de Karasuma, il n'y a presque personne, hormis quelques taxis avec des chauffeurs séniors. Les séniors sont les premiers débout. Et être dehors vers six heures du matin implique de dire bonjour à toutes les personnes que l'on croise. La courtoisie et l'humanité appartiennent à ceux qui se lèvent tôt.

Le scooter a semé le hummer

La rue Teramachi, désormais connue pour sa galerie marchande renferme bien de nombreux temples, comme son nom l'indique. Pour cela, il faut remonter la paisible rue à partir d'Imadegawa, au nord du Palais Impérial. Temples ouverts, qu'il est bon que les autres ne se lèvent pas tout de suite.

Sept heures, la boulangerie est ouverte. Quelques croissants, mais les baguettes ne seront prêtes que vers 11 heures. Qui viendrait acheter son pain pour les tartines du matin ? Je repars avec deux croissants et deux pains au chocolat après avoir marché dans un temple.

Le choix

02 juillet 2008

Café restaurant Iyemon Salon

IYEMON SALON KYOTO

Je suis allé au nouveau grand café dont tout le monde parle à Kyoto, le Iyemon Salon. Situé au coeur de la ville, à Karasuma Sanjo,le Iyemon Salon est pris d'assaut en semaine par tous ceux qui travaillent dans les building aux alentours et par les promeneurs le week-end. Un tel projet dans cette zone signifie qu'il y a grand groupe derrière. C'est Suntory, leader dans la production et distribution d'alcool au japon, qui a réalisé ce café restaurant. Le thème gastronomique de l'établissement est le thé. On peut en boire bien sûr, mais aussi en acheter. J'y retournerai pour goûter à la fondue au fromage servie avec des légumes bio de Kyoto. Et si vous aimez le café, oubliez le Starbucks qui se trouve juste en face, le Iyemon Salon propose du café italien d'Illy.

IYEMON SALON KYOTO

Photos via FlickR de Double-H.

29 mai 2008

Wallpaper City Guide, Kyoto est turquoise

City Guide Kyoto

Lecture du fameux guide sur Kyoto que j'attendais depuis quelques mois déjà. C'est un Wallpaper, édition Phaidon. Ce n'est pas pour tous les touristes, ce n'est pas pour les touristes. Le City Guide, c'est d'abord un bel objet, du papier bien choisi, des photos, du texte, une typographie, des titres en couleurs, une sélection. L'envie de le feuilleter, de le lire, d'en faire la collection avec les autres, des tas de villes où on n'ira pas, mais on en n'a pas besoin puisqu'on a vu l'essentiel dans le guide.

Kyoto est donc consacrée, Kyoto peut être une ville pour design-conscious traveller. Kyoto est morte, vive Kyoto ! Fini les machiya, celles qui restent deviennent de belles boutiques, mais il n'y en a pas dans le guide. De belles photos, comme d'hab, mais l'impression d'avoir vu les mêmes dans le guide de Tokyo. Ce sont des photos d'un Wallpaper, alors sur les photos, il n'y a que des meubles, des espaces, des intérieurs. Pas de gens, une ville morte, morte comme les restaurants, bars et les temples.
Place à l'architecture et aux endroits qu'il faut voir.

Mais bon, c'est un beau guide, qui donne envie, surtout de l'avoir entre les mains, et c'est l'essentiel. Quelques remarques en vrac pour terminer:
-L'hôtel Screen, trop récent ou pas assez bon, n'est pas sélectionné, comme Cissé.
-Kitcho, le restaurant où il fallait manger au moins une fois, est dans le guide. Sa sélection a dû être faite avant le scandale qui a éclaboussé ce restaurant haut de gamme: des aliments non entamés par des clients ont été resservis à d'autres. Et quelqu'un en cuisine l'a dit.
Mise à jour: Kitcho cesse son activité.

26 mai 2008

Machiya à louer à Kyoto

Machiya Shinmonzen

On continue la série Kyomachiya de ce week-end, avec quelques photos d'une location de luxe. Cette formidable demeure fait partie de l'offre de la société Iori, une société Kyotoïte, créée par Alex Kerr, un Américain.
Pour en savoir plus sur Alex Kerr qui a un long parcours au Japon, voir directement son site.

Machiya Shinmonzen

Le but avoué de Iori est de sauvegarder les machiya de Kyoto en les restaurant et les faisant vivre grâce à leurs locations. Superbement décorées, elles contiennent de nombreuses antiquités japonaises, issues de la collection d'Alex Kerr. Parfaitement vivables, avec chauffage au sol ou air conditionné encastré dans les murs. Grand confort avec salle de bain moderne mais au look authentique.

Machiya Shinmonzen

En revanche, seul le minimum pour la cuisine: pas de plaque de cuisson pour éviter d'abîmer l'intérieur (le nécessaire pour un petit déj' est compris).
Il s'agit de locations assez chères. Vu le décor, l'investissement a dû être conséquent. La grande majorité de la clientèle est japonaise: quoi de plus dépaysant que de venir à Kyoto et de loger dans une de ces vieilles maisons luxueuses quand on habite à Tokyo ou ailleurs.

Machiya Shinmonzen

23 mai 2008

Kyoto no machiya, le poids des mots, le choc des photos par David

Une première sur ce blog avec l'écriture d'un post par un auteur invité. C'est David, un ami français résidant à Kyoto qui s'y colle avec un coup de gueule qui lui tient à coeur. Sa compagne s'est chargée de la traduction en japonais. Pour vos réactions à cet article, n'hésitez pas à laisser un commentaire. Vous pouvez également écrire un mail à David, sans l'insulter SVP. Et si vous avez plus d'information sur Shikunshi, je suis preneur.
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Habitant depuis un an à Kyoto, je me suis pris tout naturellement de passion pour les vielles maisons traditionnelles japonaises que l’on appelle les Machiya (maison de ville) et plus précisément les Kyo-Machiya pour Kyoto.

Habitant dans le quartier de Shijo au centre de Kyoto, j’avais repéré les plus belles de ces demeures et visité certaines d’entres elles. En photo ci-dessous, voici l’une des plus grandes et des plus magnifiques, Shikunshi, celle d'un fabriquant/marchand de Kimono.

Machiyaavant1

京都に住み始めて約一年、『町家』、京都に限定すると『京町家』と呼ばれる伝統的な日本家屋に興味をひかれました。京都の中心部、四条に居を構え美しい町家を見つけては、そのいくつかを見学することを楽しんでいるうちに、四君子という元着物商の建物に出会いました。

Machiyaavant3

En septembre 2007, je pars en France  pour quelques jours, mais de retour à Kyoto voici ce que je découvre….. 2007年9月、数日間のフランスでの滞在を終え京都に戻ってきて私の目にしたものは・・・

Machiyadestrution1

Machiyadestrution2

L’impensable, l’inimaginable est  arrivé ! Oui, il est possible de raser une partie du patrimoine Japonais en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Et cela s'est fait dans l’indifférence générale semble t-il ! Pourtant, cette maison semblait être un bâtiment protégé. ありえない、想像すらできないことが起きていたのです 日本文化遺産の一部を、あっというまに根こそぎ解体するのを平然と見過ごすとは!さらに、この町家は保存対象物件であったはずでは。
Machiyadestrution3
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Toute personne censée ne peut que se révolter face à une telle destruction, surtout quand on constate la médiocrité générale et l’incohérence de l’urbanisme au Japon. On constate tous les jours la destruction de ces vieilles Machiya (5 en une semaine dans mon quartier) qui seules peuvent donner à Kyoto une atmosphère, une ambiance unique et à mon sens, une légitimité de «ville historique à visiter». 正常な感覚の持ち主で、しかも一般的に日本の都市計画が雑然として凡庸であることを知っていればなおさらのこと、 許せない行為であるはずです。 町家があってこそ京都が独特の雰囲気を湛え、真に訪れる価値のある歴史的な街として存続できているにもかかわらず、 毎日のように(先週だけで5件も)町家が破壊されるのを目にするのはつらいものです。
Machiyadestrution5

Je ne sais pas s'ils l'avaient remarqué, mais il n'y avait pas besoin de fouiller pour avoir un magnifique vestige ?! 熱心に発掘するのもいいですが、その土地の上に建っていたものこそが価値ある遺跡だったのをご存知ですか? J’espère quand même qu’ils vont trouver autre chose que 3 bouts de bambou pour compenser l’énorme perte de cette Machiya ! 素晴らしい町家を犠牲にしたこの大いなる損失が報われるよう、竹ひご3本以上の何かを掘り出してもらいたいものですね!
En conclusion, j'aimerai souligner le fait qu'il n'a pas eu besoin de bombardement à Kyoto lors de la seconde guerre mondiale pour faire de cette ville ce qu'elle est aujourd'hui. Des Japonais se chargent seuls de sa destruction, en rayant donc une partie de leur culture.
第二次世界大戦によって爆撃を受けなかったはずの京都とその文化の一部を、 日本人が自らの手で破壊しているのではないでしょうか。 Je me sens particulièrement concerné par ce sujet et  je suis d'ailleurs passé aux actes. Nous avons acheté et retapé entièrement un petite Marchiya dans Kyoto avec ma compagne. Comme quoi, il est possible d'y vivre ! Et le titre de ma prochaine contribution est déjà trouvé: « La Petite Maison dans la Ville ».

Kyoto-Japon le 18 Mai 2008 - 2008年5月  
日本、京都にて David et Kumiko.
Pour info: du 17 mai 2008 au 16 juin 2008: Opération Machiya portes ouvertes (site en jp). Merci à Thomas pour son excellent blog et la possibilité de diffuser cette information.

Online

20 mai 2008

Rassurer ?

Tero Je ne sais pas si cela va rassurer les touristes ou les usagers du train à la gare de Kyoto, mais la police préfecturale nous prévient de son état d'alerte contre le terrorisme. Paraît-il qu'une alerte à la bombe avait été déclenchée il y a plusieurs jours. Cela faisait suite à l'appel d'un homme qui avait effectivement bien mis de l'essence dans une bouteille (au prix où ça coûte en ce moment !) avec un système de détonation, le tout dans une consigne à bagages.
L'apprenti terroriste, un salaryman japonais résidant à Osaka, avait donc téléphoné à la Police pour réclamer de l'argent. Pas besoin de ses empreintes pour l'arrêter, son amateurisme a permis de vite le retrouver. Je ne sais pas si c'est son amateurisme également qui a fait que l'info est restée peu développée, mais voilà un bon traitement: à quoi donner de l'importance à une tentative «terroriste» d'un charlot ?

Et semble-t-il que les crimes atroces de lycéennes en mini-jupes, cela attire plus les téléspectateurs. Et pourquoi me direz-vous, voilà quelques raisons totalement ironiques:
-Suite à la politique de l'enfant presque unique imposée par le fonctionnement social au Japon, tout le monde n'a pas une lycéenne en mini-jupe chez soi, donc cela ne fait pas forcément peur et cela ressemble à un film policier en vrai.
-Un acte terroriste dans le temple du tourisme nippon, cela fait mauvaise presse, et la presse sait qu'elle a surtout intérêt à parler du dernier restaurant à la mode.
-Tout le monde vient à Kyoto, pourquoi se faire peur ?
Mais bon, rassurez-vous, la Police veille.

13 mai 2008

Changements

Osaka, novembre 2003

Surprise ! En tombant par hasard sur cette photo prise en 2003, je me rends compte à quel point les changements se font vite au Japon. En tout cas, ici, à Osaka, devant le supermarché de l'électronique, Yodobashi Kamera, cette scène me semble appartenir au passé (il y a 5 ans seulement !). Les Yatai existent toujours en centre-ville, dans certaines rues et je ne pense pas qu'ils soient considérés comme gênants par les autorités, mais le fait est que je ne crois pas que l'on puisse en voir au même endroit désormais, à Umeda.
C'était pourtant la carte postale parfaite pour quelqu'un qui découvre le Japon (c'était mon cas à l'époque). Un immense building, des salarymen sous une tente dégustant des takoyaki.
Finalement, la ville japonaise évolue si vite qu'il faut toujours la  redécouvrir, aller voir dehors ce qu'il se passe.
Pour un retour dans le passé beaucoup plus important, il y a ça aussi:

Kyoto 1890s • Kamogawa A beautiful view of restaurants and inns along the Kamogawa (Kamo River) in Kyoto. This photo was most probably taken from Sanjo Ohashi. The bridge in the back is probably Nijo-hashi. Kamogawa was extremely important to the inhabitants of Kyoto as can be seen from the many stairs on the riverbanks which offered easy access to the river. Besides being a crucial source of drinking water, the river brought much needed relief during the hot summer months.

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Kyoto, il y a quelques années déjà (Dec. 2003)

04 mai 2008

Yabusame, Shimogamojinja

enfantin

Grand spectacle de Yabusame hier au Shimogamojinja, un avant goût de l'Aoi Matsuri qui se déroule ici dans quelques jours. Les 2 heures d'attente n'étaient pas de trop pour voir ça. Chevaux au galop, cri de l'archer, visée, tir, cris de la foule... Impressionnant et beau.

Yabusame, Shimogamo Jinja, Kyoto

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28 avril 2008

Kyoto, ballade architecturale

Kyoto maintenant

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En montant dans les derniers étages de la gare de Kyoto, je croisais un groupe de touristes américains se faisant conduire par leur guide jusqu'à ce sommet de la ville, un sommet de béton qui permet de se faire une idée précise de ce qu'est devenu Kyoto. Mais les apparences son trompeuses et j'espère pour eux qu'ils sont allés voir un peu plus bas, un peu plus au nord ou un peu plus à l'ouest, là où il n'y a pas beaucoup de temples, mais bien d'autres choses à voir.

Petit lotissement. 5 maisons, identiques, côte-à-côte, grises, même les portes, les fenêtres et les rideaux. Seuls les arbres qui sont plantés devant ces maisons n'ont pas encore de feuilles. Tout le quartier est vert.

Pas très loin du lotissement en dépression, une de ces nombreuses maisons qui semblent à l'abandon. On imagine aisément que le ou les propriétaires sont en maison de retraite, quelque part au nord de la ville. Avec l'espérance de vie nipponne, ces jolies maisons en bois finissent par mourir avant leur propriétaire. On se dit que les prix de l'immobilier dans ce genre de quartier va continuer de baisser. La bonne affaire.

京大人文科学研究所

On continue dans la même zone, décidément riche en surprises, avec ce bâtiment daté 1930. Est-ce une église ? Une villa espagnole ? Un futur hôtel magnifique ? Non, c'est une antenne de l'Université de Kyoto, département des Sciences Humaines. Quand il n'y aura plus d'étudiants et que j'aurai beaucoup d'argent, j'en ferai ma maison ou une maison d'hôtes. Faut mieux rêver à ça que d'être dans une maison grise.

Certainement que les groupes de touristes en haut de la gare de Kyoto n'imaginent pas tout ce que l'on peut voir en bas. A ce propos, ces photos ont été prises au nord-est de la ville, au sud de la rue Shirakawa, près des gares Ichioji et Chayama (ligne de train Eiden).

Et pour finir, la plus belle de toute. Je ne vous dirai pas où elle est. Le propriétaire ne veut toujours pas la vendre...

DSC_0024

何これ?

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