C'est sûr, prendre part à un matsuri et se montrer aux yeux de tout le monde, jambes et torse demi-nu, ce n'est pas pour le premier salaryman venu. Hier avait lieu l'Hanagasa, une autre parade sur la rue Shijo pour le Gion Matsuri. Oublions la religion, les costumes, la chaleur, les symboles, il reste une bande yakuza et de jeunes yankees qui défilent en portant une divinité. Oublions seulement les Yakuza, il reste la fête populaire en centre-ville qui fait plaisir à voir.
C'est blanc, c'est beau. Ca crie, ça chante. C'est organisé comme une PME nipponne: c'est long au démarrage, tout le monde attend que tout le monde soit prêt, on pense que tout le monde est prêt à avancer, mais il faut attendre encore et puis c'est parti.
Le Ministère des Affaires étrangères du Japon aurait-il dépensé trop d'argent pour la sécurité de la réunion du G8 à Kyoto ? On apprend que les Ministres des affaires étrangères des pays du G8 réunis la semaine dernière dans l'ancienne capitale, ont reçu en cadeau, une console Nintendo DS lite ainsi que des stickers façon manga à leur effigie. Petite réflexion.
Avant, il y a bien longtemps, on imagine que l'on donnait ce genre de cadeau ci-dessous, aux étrangers dans des réunions officielles:

Un tanto (un katana court). Une preuve du savoir-faire d'artisans, une minutie toute nipponne. Ce tanto ci-dessus, qui était vraiment destiné à des européens au 19e siècle, ne ressemble pas aux tanto classiques que l'on trouve au Japon. Sa décoration était censée plaire aux étrangers, du point de vue japonais. Papillons et roses laquées sur un étui lourd, fait de cuivre.
L'amateur de décoration épurée, de la beauté japonaise simple, recevra avec politesse ce cadeau et il pensera peut-être dans sa tête:
«Mais bon Dieu, donnez-nous une part de votre culture telle que vous la faites pour vous ! Nous saurons (les étrangers) la comprendre.»
C'est peut-être ce que s'est dit Bernard Kouchner en recevant ses cadeaux du G8, apportés sur un plateau laqué par une Japonaise dans un Kimono richement décoré. A elle le Kimono et le plateau, aux invités la DS lite, le nioidama におい玉 (une boule aromatique) et les stickers manga.
C'est un peu comme si ce concept du Cool Japan était monté à la tête des officiels japonais. Les étrangers ont eu droit aux cosplayers à leur arrivée à l'aéroport du Kansai, voilà que l'on offre des stickers caricaturaux aux Ministres. Faute de goût ? Alors le symbole du passage à une certaine modernité est là, mais je doute que la DS lite, succès commercial de ces deux dernières années et les stickers, restent dans les annales comme les cadeaux de la réunion du G8 des Ministres des Affaires étrangères à Kyoto en 2008. Le tanto, lui, est en vente chez un antiquaire. Heureusement, les invités ont également pu profiter d'une cérémonie du thé et ce n'est pas ringard.
Ce n'est pas comme d'habitude et c'était la première fois pour moi, ici. Moi aussi, j'appréhendais beaucoup, mais ici, c'est coutumier. Il dormait, dans un futon, un léger voile bordé de dentelle pour cacher pudiquement le visage. Un voile vite enlevé pour lui parler. Un peu de riz, de tsukemono et l'encens qui montre le chemin vers le ciel.
A côté, on parle, on rigole même. Les détails matériels restent et la cérémonie doit être réglée comme toute les cérémonies doivent être réglées ici. Malgré la mort, la présence est pesante. Le patron des pompes funèbres a son petit badge, il présente son catalogue.
C'est comme si l'on ne nous apprenait pas à être triste de la même manière. C'est comme si il fallait être triste alors qu'ici, cela ne s'apprend pas.
Jour de cérémonie. C'est comme tous les rassemblements de plus de 10 personnes, mais les costumes sont encore plus sombres que d'habitude en entreprise. Comme dans les autres réunions, on se présente devant une table où 2 filles nous demandent notre nom. Pas besoin de carte de visite, c'est la différence. Ensuite, il faut suivre les autres. Tout est réglé.
Comme dans les émissions de télé, le public reçoit des instructions avant le début. Pas le temps d'être triste, le chauffeur de salle explique avec sa grosse voix les étapes de la cérémonie à venir. Petit rappel concernant l'extinction des téléphones portables, comme dans le métro.
Les traditions sont toujours là mais semblent tellement être oubliées par ceux qui restent, qu'une dame avec un micro explique en voix off, une voix douce de supermarché, ce que les moines sont en train de faire.
Etant d'une autre culture, l'espace dérange. La décoration de style mi-1907, mi-1980 du lieu ne convient pas à l'idée de respect que l'on a en soi pour un défunt. Mais là, ce n'est pas l'important.
Sans l'avoir vu arriver, il y a tellement à observer, le paroxysme de la cérémonie est atteint. Les prières à qui l'on donnerait volontiers le nom d'incantations, se font plus rapides, plus mystérieuses et en même temps, l'un des moines tape sur un tambour dont j'ai oublié le nom. Un bruit sourd, hyper-régulier et rapide, entraine mon coeur dans une cadence folle. Juste au moment où il faut se lever pour faire ce rituel, comme quand on va communier, mais là, il n'y a rien à recevoir, juste à donner, de l'encens en fins copeaux à déposer sur un charbon ardent. Une courbette. Une prière. Une autre courbette et on se rassoit. De l'encens colle aux doigts moites.
Puis tout le monde mange. Ici, à côté de lui. La vie continue et il ne fait que dormir. Certains lui apportent un peu de bière, d'autres une crevette frite et lui glissent un mot à l'oreille. A table, comme dans toutes sortes de réceptions ici, il y a des bouteilles de Kirin, de grands plateaux de sushis, des crudités, des baguettes en bois jetables, de vielles nappes sur les tables.
L'encens se consume toujours et montre la voie.
Troisième jour. Une autre cérémonie. D'autres proches, les contacts professionnels. Le chauffeur de la salle explique encore les étapes qui vont suivre. On ne me l'a pas expliqué, mais on se rend vite compte que cette fois-ci, ce sera beaucoup plus triste. La mise en scène de cette dernière cérémonie avant la crémation commence par une photo de groupe. Je passe les incantations des moines, l'encens, les pleurs des jeunes étudiants du cercle de la fanfare de l'Université de Ritsumeikan. Ceux-ci crieront un dernier adieu comme une fanfare d'étudiants crie durant les rencontres sportives.
Mais avant cela, il y a eu le speech. Merci à tous d'être venus, etc. Ce n'est pas imposé, c'est normal. Les fleurs sur le corps, le corps que l'on touche. Tendresse rime aussi avec mort.
Cinq ans au Japon, premier choc culturel ?
mise à jour: le tambour s'appelle Mokugyo.
Découvrir les Arts du Japon, c'est plonger dans le Japon et sa culture. Chaque page du dernier gros livre que j'ai acheté, Collecting Japanese Antiques, le rappelle ou le font découvrir. Encore mieux qu'un livre, les antiquaires eux-mêmes. L'antiquaire typique de Kyoto semble avoir 60 ans, il est installé à l'arrière de sa boutique de trésors, fume beaucoup dans un fauteuil très bas et vous invite à parler avec lui pendant des heures.
Un katana comme d'autres antiquités, peut être intéressant par son histoire. Ici un sabre de l'époque Kamakura, qui a bien vécu. Un petit trou dans sa lame, l'impact d'une flèche, témoigne d'un difficile combat. Une légende à lui tout seul. On cherche dans un recueil le nom du forgeron. Il est mort il y a 650 ans mais est très bien noté et son oeuvre a traversé les siècles.

Et il y a les autres, richement décorés. Sans guerre, on pouvait y passer du temps et se faire faire un bijou à porter en ville. Ce n'est plus une arme, c'est une réponse aux comportements, à la posture, au sens de certaines choses.
Oui, les Katana expliquent pourquoi les voitures roulent à gauche au Japon (on en avait déjà parlé sur ce blog, quelqu'un se souvient ?). Ce n'est pas tout. Avec les Katana, vous saurez pourquoi on se met en position assise au sol comme on le fait, dans les arts martiaux ou lors de la cérémonie du thé (pour éviter que son katana se dégaine et tombe au sol, toujours rester droit).
Les lames, les poteries, les fourreaux, les feuilles de thés, les nacres, c'est du pareil au même. Des bouts de l'identité japonaise qui se perdent certainement, mais que l'on peut toujours observer si l'on fait attention. Mais comme me l'a dit cet antiquaire hier, le responsable du mauvais tournant du Japon, c'est le Commodore Perry. Quel amusement d'entendre: «Qu'est-ce qu'on était bien sous Tokugawa !» et «Ah, si la France et Jules Brunet avaient plus fait pour le Japon, on en serait pas là !» (Pour en savoir plus sur Jules Brunet, lire le très intéressant article du blog ofrancemi sur cette histoire méconnue).
Une lame ne sert pas qu'à couper des têtes, mais peut permettre aussi d'avoir une riche discussion.
Grand spectacle de Yabusame hier au Shimogamojinja, un avant goût de l'Aoi Matsuri qui se déroule ici dans quelques jours. Les 2 heures d'attente n'étaient pas de trop pour voir ça. Chevaux au galop, cri de l'archer, visée, tir, cris de la foule... Impressionnant et beau.
Non, vous n'aurez pas celle qui est en maillot de bain ici. Après les faux animaux, voici une Cyberclone, un widget qui permet d'avoir son idole favorite sur son site/blog. Chatouillez-là avec votre souris et la (jeune, parfois très jeune) fille réagit. Lien pour le blog de la demoiselle sur le widget. Bien sûr qu'elle soit en colère ou pas, elle reste kawai. Le Japon se modernise donc, à l'heure d'internet, il n'y a plus de femme objet, mais des femmes java-script.
Confirmation de cette tendance avec le magnifique site 100 Cheer Girl, un site par Ecareer, un division de Softbank Human Capital. Ecareer est un site de recrutement comme son nom l'indique et 100 Cheer Girl est certainement un très bel outil de promotion. En tout cas, cela marche ici. Des milliers d'internautes votent pour leur fille préférée. La plus mince de 23 ans et qui est modèle est sur le point de gagner. On peut également récupérer des vidéos de présentation de chacune et un widget (ci-dessous) pour écouter les 100 filles dire «Ganbare» (tu peux le faire!). Sous-entendu: «bonne chance pour ta recherche d'emploi !»
Mode très méchant Japan Bashing: Quand on va devoir porter un costume noir toute une vie dans sa grosse boîte, c'est bon d'avoir une compagnie de recrutement qui nous souhaite bonne chance de cette manière. On se dit que l'on pourra aller avec ses collègues dans des bars à hôtesses retrouver ces filles.
Mode cerveau éteint: le site est vraiment bien réalisé et je ne vous surprendrai pas si je vous dis qu'il s'adresse presque plus aux filles en recherche d'emploi vu les couleurs et la musique. Via. Attention, il y a du second degré dans ce post, tout comme dans les vidéos YouTube des 100 Cheer Girl, même si la limite est parfois difficile à trouver dans les 2 cas.
Un autre Japon, c'est encore sur le blog Old Photos of Japan qui nous en apprend tous les jours sur une culture qui semble bien souvent oubliée. Merci aux photographes et voyageurs de l'époque.
1890s • Woman Carrying Charcoal A very cheerful woman, with one of her breasts exposed, is carrying three huge packs of charcoal on what appears to be a country road. During the summer, women in the countryside often had much of their body exposed when they worked. Many men wore only a loincloth. Even in the city. This was especially the case for laborers and poor farmers.
Game Sapuri ゲームサプリ, voilà le nouveau produit proposé par Cyber Gagdget. On pourrait croire qu'il s'agisse d'un nouvel accessoire pour console de jeux vidéo, mais il n'en est rien. Contre toute attente, cette compagnie japonaise plutôt connu pour ses game freak ou adaptateur famicom pour Nintendo DS lance des paquets de bonbons.
Leur particularité ? Ces bonbons sont censés apporter un plus aux joueurs.
De la myrtille pour pour les gamers qui passent des heures devant leur écran et de la DHA pour mieux se concentrer. A prendre au second degrés ?
Aujourd'hui, rentrée scolaire pour certains (tous ?) collèges à Kyoto. Accompagnés de leur mère, ou de leur père, nouvel uniforme, nouvelle classe, nouveaux profs, comme chez nous. La photo ci-dessous a été prise à Arashiyama, au bord de la rivière Katsura. J'ai un peu piégé ces demoiselles qui, pour la majorité regardait le téléphone portable qu'une d'entre elle avait posé par terre. Oui, un téléphone portable a aussi une fonction APN avec retardateur !
Et je suis arrivé au bon moment pour la photo !
Même uniforme, même geste, même jupe remontée, mais pas l'air si dépressives ces écolières japonaises.
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